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Actualités #6

  • L’entretien téléphonique de Trump et Tsai ; la colère de Pékin - VC
  • Classement Pisa et la pression écolière - AS
  • Syrie : Le veto russo-chinois, pas de trêve pour Alep - AS
  • Improbable : Nu pour la mémoire collective - AS

 

Merci à Vincent Calamand pour sa photo

 

L’entretien téléphonique de Trump et Tsai et la colère de Pékin

Samedi dernier, le journal Taipei Times annonçait qu’un entretien avait eu lieu entre le président élu américain, Donald Trump, et la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, un appel que le gouvernement chinois semble ne pas avoir apprécié. C’est, en effet, la première fois depuis les années 1970 qu’un président américain s’entretient officiellement avec un dirigeant taïwanais. Trump a-t-il mesuré la portée de son acte et des conséquences possibles pour la relation entre Washington et Pékin ?

A la tête du Parti Démocrate Progressiste, connu pour ses ambitions indépendantistes, Tsai prône une politique très ferme envers son voisin chinois et, depuis son investiture en mai 2016, les tensions se sont considérablement accrues dans le détroit de Taïwan. En juin, Taipei a annoncé que Pékin avait coupé les réseaux de communication car le nouveau gouvernement taïwanais avait refusé de reconnaitre le principe d’ « une Chine unique » qui structure les relations entre les deux pays depuis la rencontre de 1992. Dans cette relation asymétrique, les Etats-Unis jouent un rôle important de dissuasion et contribuent au maintien du statu quo grâce à la ratification du Taiwan Relation Act, signé en 1979, stipulant que Washington est prêt à prendre la défense de l’île dans le cas d’un conflit ouvert avec la Chine. Néanmoins, le régime de Taïwan ne bénéficiant d’aucune reconnaissance internationale, sa relation avec le gouvernement américain est toujours restée informelle.

Ainsi, le tweet de Donald Trump remerciant les félicitations de Tsai pour son élection et l’entretien téléphonique qui a fait l’objet d’une diffusion médiatique internationale a officialisé le rapport diplomatique entre Taipei et Washington, un événement que Pékin a du mal à accepter, surtout dans un contexte politique tendu. Depuis plusieurs jours, les articles fusent dans la presse chinoise, critiquant sèchement « l’inexpérience » et la « naïveté » du nouveau président américain. « Les tweets de Trump camouflent sa véritable intention : traiter la Chine comme si c’était une pièce de mouton et en trancher une portion (…) Il veut piller d’autres pays pour assurer la prospérité des Etats-Unis », rapporte le journal chinois Global Times, proche du Parti Communiste. Il est cependant peu probable de parler de « gaffe » de la part du gouvernement américain, l’appel avec Tsai Ing-wen ayant été « le fruit de longs mois de préparation et de délibération » au sein de l’équipe de communication du 45e président des Etats-Unis. La présidente taïwanaise figurait en effet en tête de la liste des dirigeants à contacter.

Simple contestation ou réelle rupture? L’évolution de la relation triangulaire entre Pékin, Taipei et Washington est encore incertaine mais le comportement de Donald Trump semble bien s’inscrire dans la politique anti-chinoise menée depuis le début de sa campagne.

Vincent CALAMAND

Classement Pisa et la pression écolière

Le classement Pisa, publié tous les trois ans, mesure les connaissances et compétences des jeunes de 15 ans dans 72 pays, dont la Chine. C’est une manière de comparer les systèmes éducatifs des pays concernés. Dévoilé le mardi 6 décembre, les provinces chinoises ayant participé se distinguent des autres, en termes de connaissances et compétences mais également au niveau de la pression subie par les élèves.

En Chine, dès l’école primaire les élèves sont préparés au « gaokao », le concours d’entrée à l’université. En effet, dans un pays d’1,3 milliard d’habitants la sélection est rude. C’est pourquoi, les élèves vont à l’école la journée et puis enchaînent sur des cours du soir dès leurs 8 ans. L’anglais, les mathématiques, la calligraphie chinoise… tout y passe. Certains enfants ont également des cours particuliers le week-end, et sont poussés au maximum dans leurs activités sportives (souvent une ou deux).

Puisque tout le monde prend des cours du soir, ce sont ceux qui ne le font pas qui se retrouvent dépassés par les autres. Cette situation n’est pas bonne pour garantir l’épanouissement des enfants, mais les universités chinoises élitistes ne sont accessibles qu’en mettant beaucoup de pression sur les épaules des jeunes.

Alice SOULA

Syrie : Le veto russo-chinois, pas de trêve pour Alep

Hier, lundi 5 décembre, les syriens priaient pour une trêve. L’ONU, prêt à accorder un cessez le feu de 7 jours a vu la Russie, puis la Chine poser leur véto. Pourquoi ? Simplement parce que selon les deux puissances, les pauses dans les affrontements favorisent les rebelles syriens. En fait, les russes accusent les Etats-Unis d’avoir empêché la réalisation d’une négociation avec les rebelles pour organiser leur retrait d’Alep-est. Alep connaît la situation de siège depuis deux ans. Au cœur des affrontements entre les forces de Bachar El-Assad et les rebelles, c’est surtout pour la population que la trêve avait été demandée.

Depuis le début de l’affrontement il y a plus de cinq ans et demi, c’est la sixième fois que la Russie bloque une résolution du Conseil de sécurité sur la Syrie, et la cinquième pour la Chine. Le projet prévoyait pourtant le retrait total et définitif de toutes les troupes de rebelles dans Alep, ainsi que de permettre aux habitants de recevoir de l’aide humanitaire dont ils ont extrêmement besoin. L’ambassadeur français François Delattre déplore la « fragile lueur d’espoir » qu’aurait représentée la trêve, notamment au vu des vies qui auraient pu être sauvées. L’ambassadeur chinois, Liu Jieyi, a critiqué le Conseil, parlant d’une « politisation des questions humanitaires ».

Il faut rappeler qu’environ 200 000 personnes sont toujours prises au piège dans les combats d’Alep.

Alice SOULA

Improbable : Nu pour la mémoire collective

Canton – Un artiste photographe chinois a entamé un projet qui pose des questions. Nu, il se prend en photo seul devant des lieux hauts en symboles : places de scandale, trajet de manifestation, théâtre de catastrophes naturelles…

En quelques seconde, Zhihang Ou enlève ses vêtements, fait quelques pompes et immortalise l’instant sur pellicule. Il décrit son projet déjà bien avancé (plus de 700 photos en Chine et à l’étranger) comme outil pour « pousser la société à réfléchir ». En effet, son travail offre à la Chine une mémoire des événements sensibles que le gouvernement aime minimiser, voire même faire disparaître de la conscience collective. Surveillé par son pays, M. Ou déclare « mon but, c’est que l’opinion se souvienne de ces incidents », il est autorisé à diffuser ses œuvres sur le web chinois et apparaît dans des articles de presse. Cependant il s’est fait rappeler à l’ordre par la police plusieurs fois déjà, notamment en prenant une photo –nu- devant la maison dans laquelle quatre enfants se sont suicidés, se sentant délaissés par leurs parents.

Zhihang Ou explique qu’il n’est pas intéressé par les expositions comme Ai Weiwei par exemple, lui préconise le partage de ses photos sur le net pour qu’elles puissent toucher tout le monde. Son but est que toutes les couches de la population prenne conscience de ce qu’il s’est passé et que le pays oublie, hors les expositions ne toucheront qu'un public pas assez large et déjà éduqué.

Alice SOULA

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